CCV, le Collectif du Chêne Vert

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des internautes, un arboretum, une tempête...

La presse en parle

CL
Bernard Dexet, 11/02/2000, CONFIANCE EN LA NATURE
CL
Bernard Dexet, 20/03/2000, A Chabanais, le Chêne-Vert a reçu 66 plantes
CL
Bernard Dexet, 27/08/2002, Chabanais : colère noire pour une coupe claire
GJ
Pascale Riu, 09/2002, Massacre à «l'écharogneuse»

CL Bernard Dexet, 11/02/2000
1ère page : CHABANAIS : CONFIANCE EN LA NATURE
Jean-Louis Vignaud, le créateur de l'arboretum du Chêne vert à Chabanais, a une devise : “Laisser faire la nature”. La tempête a marqué de son empreinte ce paradis bucolique qu’est le Chêne vert sans toutefois traumatiser l’homme qui lui consacre sa vie. Comme en 1995, Jean-Louis Vignaud a perdu des arbres mais le vent, en modifiant une fois encore le paysage, lui a déjà donné des idées. Y compris à partir des arbres penchés et des souches soulevées.
Page intérieure : CHARENTE-LIMOUSINE.
ARBRES
LA NATURE A DES RESSOURCES.
Jean-Louis Vignaud, créateur de l'Arboretum du Chêne vert à Chabanais, est partisan de laisser faire la nature
Jean-Louis Vignaud, barbe poivre et sel et petites lunettes cerclées, est un passionné: En créant I'arboretum du Chêne vert à Chabanais, en choisissant de vivre dans une maison en bois, en consacrant une grande partie de son temps aux végétaux, il a mis sa philosophie en adéquation avec son cadre de vie. Des arbres, des plantes, la nature vraie à peine guidée par le sécateur. Jean-Louis Vignaud est un chantre de la diversification, un pionnier des essais un découvreur, un puriste, un esthète. On ne sait plus. Il faut le rencontrer le laisser parler des plantes et communier avec la nature du. Chêne vert pour comprendre.
Laisser faire la nature
On pourrait penser qu’une tempête aussi violente et destructrice que celle du 27 décembre, l’aurait profondément affecté. Pas vraiment. “En 1983, au premier coup de vent, les peupliers en bord de Vienne sont tombés. En 1987, une nouvelle tempête a secoué les arbres. En 1995, la tornade a porté un coup sérieux à I’Arboretum; cette fois, en 1999, l’ai eu 150 plantes abîmées et j’ai redressé 80 arbres” énumère Jean-Louis Vignaud.
L’homme est partisan de faire confiance à la nature. Redresser un petit arbre ayant au maximum 10 ans c’est possible “mais sans utiliser les haubans”, précise-t-il. Et de pour-suivre: “Quand un arbre a eu la tête coupée par exemple, je conseille de faire une coupe propre et de laisser faire la nature. Je ne conseille pas le mastic qui peut être plus nocif qu’autre chose. Il faut aider la nature, mais ne pas prendre sa place.”
Autre exemple: un arbre est tombé. On coupe le tronc et on fait enlever la souche? Et bien non. “Moi, la souche, je la laisse en place parce que cela modifie les volumes dans un jardin. Et sous cette souche, un hérisson peut venir trouver abri! ” raconte Jean-Louis Vignaud.
Quand on vous dit que cet homme est un puriste. “ Je ne trouve pas de raison de ne pas aimer une plante ” insiste-t-il. Et pour en revenir aux souches, il laisse faire le pourridié. Toujours la nature, comme pour les branches qu'il ne veut pas brûler. C'est du compost qui part en fumée. Garder les branches et les feuilles sous-entend que l'on n'est pas accroc de la pelouse hyper-rase aussi nette qu'un green de golf. C'est un choix.
Jean-Louis Vignaud a dû se résigner après la tempête : 30 arbres ont subi la tronçonneuse. Un véritable crève-cœur. “ Pour les branches cassées, on arrange la coupe et on attend un an, voire deux.” dit-il en montrant un pin couché à 45° qui s'est refait une tête. Les exemples sont nombreux au Chêne vert qui accréditent les thèses du maître des lieux. “L'avantage de le tempête, c'est qu'il y a un paysage à reconstruire ” plaisante-t-il en montrant des tas de branchages qui feront le compost de demain et des pins qui ont l'air d'avoir subi un brushing en règle.
“ Je pense que la tempête devrait être l'occasion de planter des essences nouvelles, des liquidambars ou des ailantes par exemple, des arbres qui ont parfaitement résisté à la tempête ” conseille Jean-Louis Vignaud.
PAGE INTÉRIEURE : CHARENTE-LIMOUSINE – ENCADRÉ :
LES INTERNAUTES AU SECOURS DU CHÊNE VERT
Jean-Louis Vignaud est certes un amoureux de la nature mais il croit dur comme fer aux moyens de communications modernes.
L’arboretum est sur le net (1) et les échanges sont fructueux qui permettent aux passionnés comme lui d'échanger, non seulement leur point de vue, mais aussi des plantes. “ Je participe aux forums qui sont organisés sur le Net. La tempête a suscité beaucoup de questions. J’ai reçu des propositions d’une vingtaine de personnes qui veulent faire quelque chose pour l'arboretum. Elles se proposaient de faire une souscription pour remplacer les arbres abattus.” En fait, on s’achemine vers un parrainage. Pour ce faire, Jean-Louis Vignaud a donné la liste des 2000 plantes qui constituent l’arboretum afin que les parrains puissent offrir une plante qui n’existe pas, mais qui peut croître à Chabanais. “Je ferai la sélection mais le but est de faire évoluer l’arboretum” dit-il.
Jean-Louis Vignaud n’est pas peu fier de montrer l’une de ses dernières plantations, un pin Aristata, capable de vivre 4500 ans. C'est tout simplement l'organisme vivant qui peut vivre le plus longtemps. Il l’a protégé par une grosse borne en granite. Son pin Aristata ne mesure que 3cm de haut pour le moment ! (1)On peut découvrir I’arboretum du Chêne vert sur le site www.lechenevert.net

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CL Bernard Dexet, 20/03/2000
(numéro hors-série "tempête")
la Charente-limousine se bat pour ses forêts
A Chabanais, le Chêne-Vert a reçu 66 plantes
Le collectif du Chêne vert s'est enrichi de 23 parrains qui ont chacun apporté leur arbre à l'arboretum chabanois
Vous avez dit virtuel ? Vous pensez que les mordus des cyber-voyages sur le Net sont de doux rêveurs qui font joujou avec leur souris et ne vont pas -au-delà de leurs cyber-projets ?
Eh bien rassurez-vous il existe des internautes qui ont les pieds sur terre. On peut même dire que d'aucuns ont les racines dans l'humus puisque 23 internautes ont déjà promis d'apporter leur arbre à l'accomplissement de l'arboretum du Chêne vert à Chabanais.
La cyber-histoire de Jean-Louis Vignaud, le créateur de cet espace de rêve, a débuté juste après la tempête. Adepte du Net, il avait eu l'occasion d'y raconter sa tempête en participant aux forums sur le jardinage.
De ces échanges est né le collectif du Chêne vert qui a rapidement rassemblé des amateurs éclairés désireux de venir au secours de l'arboretum charentais.
Le challenge consistait pour les internautes à fournir à Jean-Louis Vignaud des plantes manquantes. Le Chêne vert en recense déjà 2000, c'est dire si les futurs parrains avaient le choix pour leur filleul. Parce que c'est bien de filleuls dont il faut parler. Un certificat de parrainage virtuel a été créé dans lequel les parrains reconnaissent placer leurs arbres sous la protection du Collectif du Chêne-Vert
Le certificat comporte 66 noms d'arbres et 23 noms de parrains.
Les paroles s'envolent et les écrits restent.
Certes. Mais il convenait surtout de passer au concret.
Ce fut fait le 26 février, jour de la Saint-Nestor. Noëlle la Strasbourgeoise avait programmé un voyage à Brest avec détour par les Pépinières botaniques armoricaines.
Un crochet par la Charente s'imposait en compagnie de Valérie la Creusoise pour effectuer une première livraison à Jean-Louis Vignaud au nom du collectif.
Il ne restait plus qu'à planter. "Je devrais recevoir au moins 150 plants" se félicite le maître du Chêne vert.
De quoi largement remplacer les victimes du 27 décembre.
Mais pour l'ombre, il faudra attendre.

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CL
première page :
Chabanais : colère noire pour une coupe claire
La haie qui se trouve à l'entrée de l'arboretum du Chêne Vert a été sévèrement coupée.
Son propriétaire-créateur, Jean-Louis Vignaud, ne décolère pas
page Charente Limousine :
L'arboretum de Chabanais pleure sa haie
légende de l'image : Jean-Louis Vignaud montre à Valérie Gerbaud, déléguée du collectif du Chêne-Vert, la haie victime du rotobroyeur. Photo B D
Un malencontreux coup de rotobroyeur a défiguré l'entrée du Chêne-Vert.
Un vrai traumatisme estime le propriétaire.
Jean-Louis Vignaud, le propriétaire-créateur de l'arboretum du Chêne Vert, juste à la sortie de la zone urbanisée de Chabanais en direction d'Etagnac dans le fameux virage "témoin" d'un nombre incalculable de sorties de route, est un homme zen. Ceux qui le connaissent savent qu'il est proche de la nature. Elle a d'ailleurs pris possession des lieux entre la RN 141 et la Vienne sur un grand terrain pentu où il a su non seulement dissimuler son havre de paix mais également organiser ce que certains pourraient prendre pour un fichu désordre. Jean-Louis Vignaud a même réussi à intéresser les responsables de l'inventaire des monuments historiques, l'association des parcs botaniques de France, la DlREN (Direction de l'Environnement), en un mot son patient et tenace travail est sur le point d'aboutir pour l'arboretum auquel il tient plus qu'à la prunelle de ses yeux. Tout irait pour le mieux dans la meilleure des natures qui soit si, jeudi 22 août, la haie située le long de la route nationale n'avait subi l'agression fatale de l'une de ces diaboliques "écharogneuses" (c'est ainsi que Jean-Louis Vignaud appelle les tondeuses rotatives fixées sur les tracteurs). Dans un courrier adressé à la DDE par Bernard Louvel, représentant du collectif du Chêne Vert créé à la suite de la tempête de 1999, ce dernier se demandé "comment l'Etat, d'un 'côté, peut accorder une subvention pour panser les plaies causées par la tempête et de l'autre laisser un peu plus tard un de ses services détruire des plantes au même endroit".
Touche pas à ma haie
L'histoire serait banale si elle ne touchait pas l'entrée de l'arboretum. Jean-Louis Vignaud a rencontré en début d'année les responsables de la DDE de Chabanais pour "sceller" un pacte de non agression contre la fameuse haie. En laissant vierge une bande de 2 m pour la circulation des piétons voire l'arrêt d'une voiture, le long de la haie avec l'obligation faite à Jean-Louis Vignaud d'empêcher dame nature "d'outrepasser ses droits" le problème semblait régler. Las, la machine a eu raison du pacte dans des circonstances douteuses.
A la DDE, le chef adjoint, a effectivement eu connaissance du casus belli mais il assure "que l'employé a demandé aux deux voisines de la haie l'autorisation de tailler une partie des acacias." Jeanne Vignaud, la mère de Jean-Louis Vignaud et Marguerite Tournier sa tante, sont les deux voisines que l'employé a rencontrées.) Elles confirment la visite du tailleur de haie mais donnent leur version de l'entretien. "Nous lui avons dit effectivement qu'il pouvait tailler les acacias encore que je les coupe pour donner aux lapins, mais c'est tout. En aucun cas nous aurions dû le laisser faire sans surveiller. Ils ont tout coupé!" pestent-elles. En effet, la haie a sacrément été diminuée. Acacias, néflier, buis, glycine, lilas, la machine n'a pas fait la différence.
Et c'est cela qui met Jean-Louis Vignaud en colère. Selon lui, "l'entrée de l'arboretum est aujourd'hui saccagée alors que le dernier sinistre n'est pas réglé." Il enrage parce que cette haie ne se trouve pas sur la voie publique! Pire, Jean-Louis Vignaud craint que maintenant l'espace ainsi dégagé se transforme en parking. L'endroit est si dangereux qu'il n'ose imaginer ce qui se passera à la prochaine sortie de route d'un automobiliste imprudent. Il a alors pris le taureau par les cornes et planté une rangée de piquets pour délimiter la "frontière" de l'arboretum avec des serpentins rouge et blanc. On ne peut pas dire que ce soit très beau, mais c'est sa façon à lui de ruer dans les brancards.
Lundi matin, Valérie Gerbaud déléguée du collectif du Chêne Vert est venue de la Creuse pour constater le travail du roto broyeur et faire un rapport.
Les 35 membres de l'association seront ainsi informés que le Chêne Vert a été agressé. "Nous préférons croire qu'il s'agit d'une regrettable bêtise et non d'un acte délibéré" écrit Bernard Louvel dans sa lettre à la DDE.

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GJ Pascale Riu, 09/2002, Massacre à «l'écharogneuse»
Il était une fois un arboretum, abritant de multiples espèces botaniques. Il restait beau et naturel . . . jusqu'à ce que la DDE et ses rotobroyeurs s'en mêlent. Témoignage en avant-première de notre futur dossier "Les jardins de nos communes" à paraître en janvier 2003
Je ne peux pas commencer sans vous parler d'abord de la victime ! L'arboretum du Chêne-Vert, situé à Chabanais, en Charente, entre la RN 141 (Clermont-Ferrand - Limoges - Saintes) et la Vienne, n'est pas un de ces arboretums où les arbres sont étiquetés et alignés comme au supermarché, non, c'est un endroit extraordinaire où les arbres et les arbustes sont « chez eux », qu'ils viennent du bout du monde ou qu'ils soient indigènes, un endroit où la nature (laissons les majuscules à ceux qui font des discours) retrouve quelques uns de ses droits ; 2300 espèces environ, presque toutes botaniques (très peu de cultivars et d'hybrides), un endroit ouvert au public où les passionnés peuvent passer des heures à discuter avec le créateur de cet endroit, Jean-Louis Vignaud. L'arboretum est un lieu ouvert : il accueille les visiteurs qu'ils soient novices ou férus de botanique, des associations, des scolaires, des professionnels etc. Fondé il y a 25 ans environ, l'arboretum a été officiellement inauguré le 1er mai 2001, en présence des élus locaux, du préfet et d'une représentante de l'A.P.B.F. Le C.C.V.S. a classé deux collections comme « collections agréées ». L'arboretum est aussi un refuge L.P.O.
Comment la volonté d'accord de l'arboretum avec la DDE entraîne le désastre
Soucieux d'un bon accord avec la Direction Départementale de l'Équipement, Jean-Louis Vignaud a rencontré en début d'année les services de la DDE de Chabanais afin de déterminer la limite d'implantation de la haie à replanter cet hiver ; travaux de réfection nécessaires suite aux divers sinistres automobiles intervenus dans ce virage (non à cause d'un manque de visibilité, mais simplement pour cause de vitesse et/ou alcoolémie excessives). Lors de cette rencontre, il a été convenu aussi que l'arboretum prenait en charge l'entretien de la haie sans nouvelle intervention de la DDE. Afin de rendre le lieu plus en adéquation avec le rôle de l'arboretum et sa situation en entrée de village, la DDE acceptait aussi de déplacer un panneau de signalisation. La limite de la propriété est située à 2 m des pointillés de bord de route et l'axe de la haie est situé à 3 m de cette limite (un espace tout à fait « confortable » pour les plantes arbustives envisagées et pour un sous-étage de couvre-sols herbacés suffisant à la faune associée).
Bref, tout allait bien dans la meilleure entente possible jusqu'à ce triste 22 août 2002. Ah, ils n'y sont pas allés de main morte !
Nous les connaissons tous, ces tracteurs de la DDE (ou parfois des communes) équipés de hachoirs et broyeurs en tous genres qui « entretiennent » les haies au bord des routes. Qui ne les a jamais vus, rabotant jusqu'à l'os, si on peut dire, les haies aussi loin que le bras de l'engin peut aller, souvent même, pour des raisons parfaitement obscures, nettement en hauteur ou en contrebas de la route en question, fauchant impitoyablement les fleurs dans les fossés, rasant l'herbe au plus court même si elle n'a presque pas poussé depuis la dernière tonte et laissant les arbres et les arbustes dans un état lamentable, branches de plusieurs centimètres de diamètre hachées, broyées, massacrées.
Et bien, en ce 22 août, le rotobroyeur (je préfère le terme « d'écharogneuse » inventé par une amie !) a ravagé la haie de l'arboretum du Chêne-Vert qui borde la nationale, entrant de 2,50 m à l'intérieur de la propriété privée (c'est-à-dire à 4,50 m du bord de la route), saccageant la haie au point de rendre certains arbustes non identifiables ! Ce que les voitures avaient accidentellement commencé, la DDE l'a terminé volontairement. Poursuivi presque jusqu'à Limoges, le massacre n'a pas épargné les plantes grimpantes des maisons en bord de route, même le mur en pierre du parc qui fait face à l'arboretum, de l'autre côté de la nationale, porte la marque de l'écharogneuse !
D'un côté, les pouvoirs publics reconnaissent l'arboretum du Chêne-Vert » : la DIREN lui a décerné le label « merci dit la planète », il a même reçu une petite subvention du département pour réparer les dégâts de la tempête et le site est en cours de classement au niveau du ministère de l'Environnement ; de l'autre côté, ces mêmes pouvoirs publics utilisent l'argent des contribuables pour détruire : je ne sais pas si vous y voyez une logique, mais moi pas !
Au-delà de l'arboretum bousillé, on voit bien qu'il s'agit d'un problème général
D'après ce que j'ai pu voir en me baladant sur les routes de notre pays, ce jeu de massacre concerne de nombreux départements ; pourtant, l'argument de la sécurité des usagers de la route est encore moins solide que pour les tronçonnages des platanes : quelque besoin y a-t-il de raser d'aussi près les haies ? Près de chez moi, dans l'Allier, le bocage n'est plus que le fantôme de lui-même aux abords de la N 144 : tout ce qu'on voit, ce ne sont pas des haies mais de maigrichonnes délimitations des prés, tout juste assez hautes pour empêcher une vache de sauter, et avec très peu de « vert » surtout quand l'agriculteur poursuit sur l'autre face de la haie le travail de destruction de la DDE.
Ça n'a pas poussé ou si peu pendant les mois d'été ? Pas grave, on tond quand même au retour des congés, tout comme on a tondu au printemps quand les arbustes tentaient sottement de fleurir. Le résultat : le spectacle désolant d'arbres et d'arbustes réduits à des moignons, de branches grossièrement cisaillées, même pas coupées proprement (leur arrive-t-il d'affûter leurs damnés engins ?). Évidemment, personne ne conteste qu'il faut préserver la sécurité des usagers de la route en taillant proprement les haies et en tondant les fossés autant que nécessaire. Mais pourquoi le fait-on souvent à des périodes préjudiciables pour la faune et la flore ? Et pour quelle obscure raison dégage-t-on des routes, y compris en ligne droite, à plus de 5 m du bord de celles-ci, hachant la végétation aussi haut et aussi bas que possible, là où elle n'a strictement aucun impact sur le champ de vision des usagers de la route ? Pour que la route paraisse plus large et que les voitures roulent plus vite ? Et bien dans ce cas, c'est parfaitement réussi !
En dehors de l'absence totale de logique de cette démarche, qu'est-ce que cela cache ?
On a non seulement l'impression d'un mépris total du vivant, d'une ignorance délibérée, mais aussi d'une volonté de domination absolue, presque d'une haine à l'égard de ces arbres et arbustes ; il faut rabaisser (au sens propre et au sens figuré) la haie à son rôle minimum de clôture et ne pas laisser dépasser un centimètre de verdure de plus. Vous connaissez le mot magique ? Ça fait PROPRE. Voilà. C'est même plus « bien dégagé sur les oreilles », c'est carrément la coupe en brosse réglementaire dont il ne doit rien dépasser, pas la moindre brindille.
Je sais pas vous, mais moi, j'en ai assez de voir saccager nos paysages : non seulement, on arrache encore les haies de bocage (là aussi, les contribuables payent pour l'arrachage et la replantation, toujours la même « logique » !), mais on saccage les survivantes ! Et, si je ne craignais pas d'être trop longue, je vous parlerais bien de ces arbres de bord de route dont on taille sauvagement des branches parfois très grosses, causant parfois des dommages irréversibles, et jusqu'à des hauteurs incroyables ; le résultat : des troncs immenses aux formes grotesques, défiant les lois de l'équilibre, et en haut, un peu de feuillage à des hauteurs telles que deux semi-remorques pourraient passer… empilés l'un sur l'autre ! Qu'est-ce que la nature nous a fait pour que nous la traitions comme ça ? Peut-être qu'à force d'actions comme celle de l'arboretum, soutenues par le relais que vous représentez, on peut espérer faire au moins réfléchir un peu les responsables, élus ou non.
Pascale RIU (Puy-de-Dôme)

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Les internautes livrent les plantes

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L'Arboretum pleure sa haie

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