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La presse en parle
Bernard Dexet, 11/02/2000
1ère page : CHABANAIS : CONFIANCE EN LA NATURE
Jean-Louis Vignaud, le créateur de l'arboretum du Chêne vert à Chabanais,
a une devise : “Laisser faire la nature”. La tempête a marqué de
son empreinte ce paradis bucolique qu’est le Chêne vert sans toutefois
traumatiser l’homme qui lui consacre sa vie. Comme en 1995, Jean-Louis
Vignaud a perdu des arbres mais le vent, en modifiant une fois encore
le paysage, lui a déjà donné des idées. Y compris à partir des arbres
penchés et des souches soulevées.
Page intérieure : CHARENTE-LIMOUSINE.
ARBRES
LA NATURE A DES RESSOURCES.
Jean-Louis Vignaud, créateur de l'Arboretum du Chêne vert à Chabanais,
est partisan de laisser faire la nature
Jean-Louis Vignaud, barbe poivre et sel et petites lunettes cerclées,
est un passionné: En créant I'arboretum du Chêne vert à Chabanais,
en choisissant de vivre dans une maison en bois, en consacrant une
grande partie de son temps aux végétaux, il a mis sa philosophie
en adéquation avec son cadre de vie. Des arbres, des plantes, la
nature vraie à peine guidée par le sécateur. Jean-Louis Vignaud
est un chantre de la diversification, un pionnier des essais un
découvreur, un puriste, un esthète. On ne sait plus. Il faut le
rencontrer le laisser parler des plantes et communier avec la nature
du. Chêne vert pour comprendre.
Laisser faire la nature
On pourrait penser qu’une tempête aussi violente et destructrice
que celle du 27 décembre, l’aurait profondément affecté. Pas vraiment.
“En 1983, au premier coup de vent, les peupliers en bord de Vienne
sont tombés. En 1987, une nouvelle tempête a secoué les arbres.
En 1995, la tornade a porté un coup sérieux à I’Arboretum; cette
fois, en 1999, l’ai eu 150 plantes abîmées et j’ai redressé 80 arbres”
énumère Jean-Louis Vignaud.
L’homme est partisan de faire confiance à la nature. Redresser un
petit arbre ayant au maximum 10 ans c’est possible “mais sans utiliser
les haubans”, précise-t-il. Et de pour-suivre: “Quand un arbre a
eu la tête coupée par exemple, je conseille de faire une coupe propre
et de laisser faire la nature. Je ne conseille pas le mastic qui
peut être plus nocif qu’autre chose. Il faut aider la nature, mais
ne pas prendre sa place.”
Autre exemple: un arbre est tombé. On coupe le tronc et on fait
enlever la souche? Et bien non. “Moi, la souche, je la laisse en
place parce que cela modifie les volumes dans un jardin. Et sous
cette souche, un hérisson peut venir trouver abri! ” raconte Jean-Louis
Vignaud.
Quand on vous dit que cet homme est un puriste. “ Je ne trouve pas
de raison de ne pas aimer une plante ” insiste-t-il. Et pour en
revenir aux souches, il laisse faire le pourridié. Toujours la nature,
comme pour les branches qu'il ne veut pas brûler. C'est du compost
qui part en fumée. Garder les branches et les feuilles sous-entend
que l'on n'est pas accroc de la pelouse hyper-rase aussi nette qu'un
green de golf. C'est un choix.
Jean-Louis Vignaud a dû se résigner après la tempête : 30 arbres
ont subi la tronçonneuse. Un véritable crève-cœur. “ Pour les branches
cassées, on arrange la coupe et on attend un an, voire deux.” dit-il
en montrant un pin couché à 45° qui s'est refait une tête. Les exemples
sont nombreux au Chêne vert qui accréditent les thèses du maître
des lieux. “L'avantage de le tempête, c'est qu'il y a un paysage
à reconstruire ” plaisante-t-il en montrant des tas de branchages
qui feront le compost de demain et des pins qui ont l'air d'avoir
subi un brushing en règle.
“ Je pense que la tempête devrait être l'occasion de planter des
essences nouvelles, des liquidambars ou des ailantes par exemple,
des arbres qui ont parfaitement résisté à la tempête ” conseille
Jean-Louis Vignaud.
PAGE INTÉRIEURE : CHARENTE-LIMOUSINE – ENCADRÉ :
LES INTERNAUTES AU SECOURS DU CHÊNE VERT
Jean-Louis Vignaud est certes un amoureux de la nature mais il croit
dur comme fer aux moyens de communications modernes.
L’arboretum est sur le net (1) et les échanges sont fructueux qui
permettent aux passionnés comme lui d'échanger, non seulement leur
point de vue, mais aussi des plantes. “ Je participe aux forums
qui sont organisés sur le Net. La tempête a suscité beaucoup de
questions. J’ai reçu des propositions d’une vingtaine de personnes
qui veulent faire quelque chose pour l'arboretum. Elles se proposaient
de faire une souscription pour remplacer les arbres abattus.” En
fait, on s’achemine vers un parrainage. Pour ce faire, Jean-Louis
Vignaud a donné la liste des 2000 plantes qui constituent l’arboretum
afin que les parrains puissent offrir une plante qui n’existe pas,
mais qui peut croître à Chabanais. “Je ferai la sélection mais le
but est de faire évoluer l’arboretum” dit-il.
Jean-Louis Vignaud n’est pas peu fier de montrer l’une de ses dernières
plantations, un pin Aristata, capable de vivre 4500 ans. C'est tout
simplement l'organisme vivant qui peut vivre le plus longtemps.
Il l’a protégé par une grosse borne en granite. Son pin Aristata
ne mesure que 3cm de haut pour le moment ! (1)On peut découvrir
I’arboretum du Chêne vert sur le site www.lechenevert.net

Bernard Dexet, 20/03/2000
(numéro hors-série "tempête")
la Charente-limousine se bat pour ses forêts
A Chabanais, le Chêne-Vert a reçu 66 plantes
Le collectif du Chêne vert s'est enrichi de 23 parrains
qui ont chacun apporté leur arbre à l'arboretum chabanois
Vous avez dit virtuel ? Vous pensez que les mordus
des cyber-voyages sur le Net sont de doux rêveurs
qui font joujou avec leur souris et ne vont pas -au-delà
de leurs cyber-projets ?
Eh bien rassurez-vous il existe des internautes qui
ont les pieds sur terre. On peut même dire que d'aucuns
ont les racines dans l'humus puisque 23 internautes
ont déjà promis d'apporter leur arbre à l'accomplissement
de l'arboretum du Chêne vert à Chabanais.
La cyber-histoire de Jean-Louis Vignaud, le créateur
de cet espace de rêve, a débuté juste après la tempête.
Adepte du Net, il avait eu l'occasion d'y raconter
sa tempête en participant aux forums sur le jardinage.
De ces échanges est né le collectif du Chêne vert
qui a rapidement rassemblé des amateurs éclairés désireux
de venir au secours de l'arboretum charentais.
Le challenge consistait pour les internautes à fournir
à Jean-Louis Vignaud des plantes manquantes. Le Chêne
vert en recense déjà 2000, c'est dire si les futurs
parrains avaient le choix pour leur filleul. Parce
que c'est bien de filleuls dont il faut parler. Un
certificat de parrainage virtuel a été créé dans lequel
les parrains reconnaissent placer leurs arbres sous
la protection du Collectif du Chêne-Vert
Le certificat comporte 66 noms d'arbres et 23 noms
de parrains.
Les paroles s'envolent et les écrits restent.
Certes. Mais il convenait surtout de passer au concret.
Ce fut fait le 26 février, jour de la Saint-Nestor.
Noëlle la Strasbourgeoise avait programmé un voyage
à Brest avec détour par les Pépinières botaniques
armoricaines.
Un crochet par la Charente s'imposait en compagnie
de Valérie la Creusoise pour effectuer une première
livraison à Jean-Louis Vignaud au nom du collectif.
Il ne restait plus qu'à planter. "Je devrais recevoir
au moins 150 plants" se félicite le maître du Chêne
vert.
De quoi largement remplacer les victimes du 27 décembre.
Mais pour l'ombre, il faudra attendre.


première page :
Chabanais : colère noire pour une coupe claire
La haie qui se trouve à l'entrée de l'arboretum du
Chêne Vert a été sévèrement coupée.
Son propriétaire-créateur, Jean-Louis Vignaud, ne
décolère pas
page Charente Limousine :
L'arboretum de Chabanais pleure sa haie
légende de l'image : Jean-Louis Vignaud montre à Valérie
Gerbaud, déléguée du collectif du Chêne-Vert, la haie
victime du rotobroyeur. Photo B D
Un malencontreux coup de rotobroyeur a défiguré l'entrée
du Chêne-Vert.
Un vrai traumatisme estime le propriétaire.
Jean-Louis Vignaud, le propriétaire-créateur de l'arboretum
du Chêne Vert, juste à la sortie de la zone urbanisée
de Chabanais en direction d'Etagnac dans le fameux
virage "témoin" d'un nombre incalculable de sorties
de route, est un homme zen. Ceux qui le connaissent
savent qu'il est proche de la nature. Elle a d'ailleurs
pris possession des lieux entre la RN 141 et la Vienne
sur un grand terrain pentu où il a su non seulement
dissimuler son havre de paix mais également organiser
ce que certains pourraient prendre pour un fichu désordre.
Jean-Louis Vignaud a même réussi à intéresser les
responsables de l'inventaire des monuments historiques,
l'association des parcs botaniques de France, la DlREN
(Direction de l'Environnement), en un mot son patient
et tenace travail est sur le point d'aboutir pour
l'arboretum auquel il tient plus qu'à la prunelle
de ses yeux. Tout irait pour le mieux dans la meilleure
des natures qui soit si, jeudi 22 août, la haie située
le long de la route nationale n'avait subi l'agression
fatale de l'une de ces diaboliques "écharogneuses"
(c'est ainsi que Jean-Louis Vignaud appelle les tondeuses
rotatives fixées sur les tracteurs). Dans un courrier
adressé à la DDE par Bernard Louvel, représentant
du collectif du Chêne Vert créé à la suite de la tempête
de 1999, ce dernier se demandé "comment l'Etat, d'un
'côté, peut accorder une subvention pour panser les
plaies causées par la tempête et de l'autre laisser
un peu plus tard un de ses services détruire des plantes
au même endroit".
Touche pas à ma haie
L'histoire serait banale si elle ne touchait pas l'entrée
de l'arboretum. Jean-Louis Vignaud a rencontré en
début d'année les responsables de la DDE de Chabanais
pour "sceller" un pacte de non agression contre la
fameuse haie. En laissant vierge une bande de 2 m
pour la circulation des piétons voire l'arrêt d'une
voiture, le long de la haie avec l'obligation faite
à Jean-Louis Vignaud d'empêcher dame nature "d'outrepasser
ses droits" le problème semblait régler. Las, la machine
a eu raison du pacte dans des circonstances douteuses.
A la DDE, le chef adjoint, a effectivement eu connaissance
du casus belli mais il assure "que l'employé a demandé
aux deux voisines de la haie l'autorisation de tailler
une partie des acacias." Jeanne Vignaud, la mère de
Jean-Louis Vignaud et Marguerite Tournier sa tante,
sont les deux voisines que l'employé a rencontrées.)
Elles confirment la visite du tailleur de haie mais
donnent leur version de l'entretien. "Nous lui avons
dit effectivement qu'il pouvait tailler les acacias
encore que je les coupe pour donner aux lapins, mais
c'est tout. En aucun cas nous aurions dû le laisser
faire sans surveiller. Ils ont tout coupé!" pestent-elles.
En effet, la haie a sacrément été diminuée. Acacias,
néflier, buis, glycine, lilas, la machine n'a pas
fait la différence.
Et c'est cela qui met Jean-Louis Vignaud en colère.
Selon lui, "l'entrée de l'arboretum est aujourd'hui
saccagée alors que le dernier sinistre n'est pas réglé."
Il enrage parce que cette haie ne se trouve pas sur
la voie publique! Pire, Jean-Louis Vignaud craint
que maintenant l'espace ainsi dégagé se transforme
en parking. L'endroit est si dangereux qu'il n'ose
imaginer ce qui se passera à la prochaine sortie de
route d'un automobiliste imprudent. Il a alors pris
le taureau par les cornes et planté une rangée de
piquets pour délimiter la "frontière" de l'arboretum
avec des serpentins rouge et blanc. On ne peut pas
dire que ce soit très beau, mais c'est sa façon à
lui de ruer dans les brancards.
Lundi matin, Valérie Gerbaud déléguée du collectif
du Chêne Vert est venue de la Creuse pour constater
le travail du roto broyeur et faire un rapport.
Les 35 membres de l'association seront ainsi informés
que le Chêne Vert a été agressé. "Nous préférons croire
qu'il s'agit d'une regrettable bêtise et non d'un
acte délibéré" écrit Bernard Louvel dans sa lettre
à la DDE.

Pascale Riu, 09/2002, Massacre à «l'écharogneuse»
Il était une fois un arboretum, abritant de multiples
espèces botaniques. Il restait beau et naturel . .
. jusqu'à ce que la DDE et ses rotobroyeurs s'en mêlent.
Témoignage en avant-première de notre futur dossier
"Les jardins de nos communes" à paraître en janvier
2003
Je ne peux pas commencer sans vous parler d'abord
de la victime ! L'arboretum du Chêne-Vert, situé à
Chabanais, en Charente, entre la RN 141 (Clermont-Ferrand
- Limoges - Saintes) et la Vienne, n'est pas un de
ces arboretums où les arbres sont étiquetés et alignés
comme au supermarché, non, c'est un endroit extraordinaire
où les arbres et les arbustes sont « chez eux », qu'ils
viennent du bout du monde ou qu'ils soient indigènes,
un endroit où la nature (laissons les majuscules à
ceux qui font des discours) retrouve quelques uns
de ses droits ; 2300 espèces environ, presque toutes
botaniques (très peu de cultivars et d'hybrides),
un endroit ouvert au public où les passionnés peuvent
passer des heures à discuter avec le créateur de cet
endroit, Jean-Louis Vignaud. L'arboretum est un lieu
ouvert : il accueille les visiteurs qu'ils soient
novices ou férus de botanique, des associations, des
scolaires, des professionnels etc. Fondé il y a 25
ans environ, l'arboretum a été officiellement inauguré
le 1er mai 2001, en présence des élus locaux, du préfet
et d'une représentante de l'A.P.B.F. Le C.C.V.S. a
classé deux collections comme « collections agréées
». L'arboretum est aussi un refuge L.P.O.
Comment la volonté d'accord de l'arboretum avec la
DDE entraîne le désastre
Soucieux d'un bon accord avec la Direction Départementale
de l'Équipement, Jean-Louis Vignaud a rencontré en
début d'année les services de la DDE de Chabanais
afin de déterminer la limite d'implantation de la
haie à replanter cet hiver ; travaux de réfection
nécessaires suite aux divers sinistres automobiles
intervenus dans ce virage (non à cause d'un manque
de visibilité, mais simplement pour cause de vitesse
et/ou alcoolémie excessives). Lors de cette rencontre,
il a été convenu aussi que l'arboretum prenait en
charge l'entretien de la haie sans nouvelle intervention
de la DDE. Afin de rendre le lieu plus en adéquation
avec le rôle de l'arboretum et sa situation en entrée
de village, la DDE acceptait aussi de déplacer un
panneau de signalisation. La limite de la propriété
est située à 2 m des pointillés de bord de route et
l'axe de la haie est situé à 3 m de cette limite (un
espace tout à fait « confortable » pour les plantes
arbustives envisagées et pour un sous-étage de couvre-sols
herbacés suffisant à la faune associée).
Bref, tout allait bien dans la meilleure entente possible
jusqu'à ce triste 22 août 2002. Ah, ils n'y sont pas
allés de main morte !
Nous les connaissons tous, ces tracteurs de la DDE
(ou parfois des communes) équipés de hachoirs et broyeurs
en tous genres qui « entretiennent » les haies au
bord des routes. Qui ne les a jamais vus, rabotant
jusqu'à l'os, si on peut dire, les haies aussi loin
que le bras de l'engin peut aller, souvent même, pour
des raisons parfaitement obscures, nettement en hauteur
ou en contrebas de la route en question, fauchant
impitoyablement les fleurs dans les fossés, rasant
l'herbe au plus court même si elle n'a presque pas
poussé depuis la dernière tonte et laissant les arbres
et les arbustes dans un état lamentable, branches
de plusieurs centimètres de diamètre hachées, broyées,
massacrées.
Et bien, en ce 22 août, le rotobroyeur (je préfère
le terme « d'écharogneuse » inventé par une amie !)
a ravagé la haie de l'arboretum du Chêne-Vert qui
borde la nationale, entrant de 2,50 m à l'intérieur
de la propriété privée (c'est-à-dire à 4,50 m du bord
de la route), saccageant la haie au point de rendre
certains arbustes non identifiables ! Ce que les voitures
avaient accidentellement commencé, la DDE l'a terminé
volontairement. Poursuivi presque jusqu'à Limoges,
le massacre n'a pas épargné les plantes grimpantes
des maisons en bord de route, même le mur en pierre
du parc qui fait face à l'arboretum, de l'autre côté
de la nationale, porte la marque de l'écharogneuse
!
D'un côté, les pouvoirs publics reconnaissent l'arboretum
du Chêne-Vert » : la DIREN lui a décerné le label
« merci dit la planète », il a même reçu une petite
subvention du département pour réparer les dégâts
de la tempête et le site est en cours de classement
au niveau du ministère de l'Environnement ; de l'autre
côté, ces mêmes pouvoirs publics utilisent l'argent
des contribuables pour détruire : je ne sais pas si
vous y voyez une logique, mais moi pas !
Au-delà de l'arboretum bousillé, on voit bien qu'il
s'agit d'un problème général
D'après ce que j'ai pu voir en me baladant sur les
routes de notre pays, ce jeu de massacre concerne
de nombreux départements ; pourtant, l'argument de
la sécurité des usagers de la route est encore moins
solide que pour les tronçonnages des platanes : quelque
besoin y a-t-il de raser d'aussi près les haies ?
Près de chez moi, dans l'Allier, le bocage n'est plus
que le fantôme de lui-même aux abords de la N 144
: tout ce qu'on voit, ce ne sont pas des haies mais
de maigrichonnes délimitations des prés, tout juste
assez hautes pour empêcher une vache de sauter, et
avec très peu de « vert » surtout quand l'agriculteur
poursuit sur l'autre face de la haie le travail de
destruction de la DDE.
Ça n'a pas poussé ou si peu pendant les mois d'été
? Pas grave, on tond quand même au retour des congés,
tout comme on a tondu au printemps quand les arbustes
tentaient sottement de fleurir. Le résultat : le spectacle
désolant d'arbres et d'arbustes réduits à des moignons,
de branches grossièrement cisaillées, même pas coupées
proprement (leur arrive-t-il d'affûter leurs damnés
engins ?). Évidemment, personne ne conteste qu'il
faut préserver la sécurité des usagers de la route
en taillant proprement les haies et en tondant les
fossés autant que nécessaire. Mais pourquoi le fait-on
souvent à des périodes préjudiciables pour la faune
et la flore ? Et pour quelle obscure raison dégage-t-on
des routes, y compris en ligne droite, à plus de 5
m du bord de celles-ci, hachant la végétation aussi
haut et aussi bas que possible, là où elle n'a strictement
aucun impact sur le champ de vision des usagers de
la route ? Pour que la route paraisse plus large et
que les voitures roulent plus vite ? Et bien dans
ce cas, c'est parfaitement réussi !
En dehors de l'absence totale de logique de cette
démarche, qu'est-ce que cela cache ?
On a non seulement l'impression d'un mépris total
du vivant, d'une ignorance délibérée, mais aussi d'une
volonté de domination absolue, presque d'une haine
à l'égard de ces arbres et arbustes ; il faut rabaisser
(au sens propre et au sens figuré) la haie à son rôle
minimum de clôture et ne pas laisser dépasser un centimètre
de verdure de plus. Vous connaissez le mot magique
? Ça fait PROPRE. Voilà. C'est même plus « bien dégagé
sur les oreilles », c'est carrément la coupe en brosse
réglementaire dont il ne doit rien dépasser, pas la
moindre brindille.
Je sais pas vous, mais moi, j'en ai assez de voir
saccager nos paysages : non seulement, on arrache
encore les haies de bocage (là aussi, les contribuables
payent pour l'arrachage et la replantation, toujours
la même « logique » !), mais on saccage les survivantes
! Et, si je ne craignais pas d'être trop longue, je
vous parlerais bien de ces arbres de bord de route
dont on taille sauvagement des branches parfois très
grosses, causant parfois des dommages irréversibles,
et jusqu'à des hauteurs incroyables ; le résultat
: des troncs immenses aux formes grotesques, défiant
les lois de l'équilibre, et en haut, un peu de feuillage
à des hauteurs telles que deux semi-remorques pourraient
passer… empilés l'un sur l'autre ! Qu'est-ce que la
nature nous a fait pour que nous la traitions comme
ça ? Peut-être qu'à force d'actions comme celle de
l'arboretum, soutenues par le relais que vous représentez,
on peut espérer faire au moins réfléchir un peu les
responsables, élus ou non.
Pascale RIU (Puy-de-Dôme)

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Les internautes livrent les plantes
L'Arboretum pleure sa haie
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