Quelques
messages précurseurs
29 août 98 Nous t'apporterons les plants de pinus radiata
lors de notre visite en octobre. Amicalement Gilbert
19 mai 99 J'ai passé vraiment un bon week-end avec vous. J'ai
plein d'images de l'arboretum dans la tête.
. . . Encore merci pour l'accueil chaleureux, les discussions,
les conseils... Dominique
Encore merci pour ton accueil et cette très agréable et instructive
journée. Cette visite a effectivement un côté éducatif certain
et nous amène a réfléchir différemment sur nos futures plantations.
Mais je crois que tu l'as bien compris nous avions surtout
très envie de rencontrer le personnage qui était derrière
le site de l'Arboretum et les messages du forum. Nous n'avons
pas été déçus, loin de là et cela m'a fait beaucoup de bien.
Arrêtons là sinon tes chevilles vont enfler .??
20 avril 99 De retour à ma maison vendredi, avec encore toutes
les raretés de l'arboretum dans les yeux, je me suis retrouvée
devant mon forsythia avec des envies de meurtre. Je vais commencer
à me culturer sérieux (ne serait-ce que pour river son clou
à Jean-Pierre) et potasser revues et bouquins. (Pourvu que
je puisse consulter la liste sur ton site !). Cette visite
m'a motivée à bloc. Bonjour à ton "aide-mémoire" Amitiés,
Valérie
12 janvier 99 Mais non mon pauvre JL on ne viendra pas faire
un pique-nique à l'arboretum du Chêne Vert (avec les papiers
gras et les canettes) Par contre j'étais tout à fait sérieuse
en pensant que sous l'appellation Arboretum se cachait un
endroit à visiter pendant les vacances dans le coin. Maintenant
si au lieu d'avoir appelé ta maison "petit nid d'amour" ou
"vent du sud" ou "mon petit nid" ou autre fadaise tu l'as
appelé L'Arboretum du Chêne Vert il faut bien que tu t'attendes
à devoir répondre à la confusion que tu jettes dans l'esprit
des gens (comme moi) toujours intéressés par tout ce qui touche
aux jardins des autres. Muriel
10 octobre 99 Je suis bien arrivée à 2 H du matin . . . Heureusement
que j'avais une bonne partie de l'arboretum avec moi, j'ai
pu causer aux arbres et garder un souvenir vivace de ce lieu
magique.......Amicalement, Muriel
23 octobre 99 Chez vous l'idée première comme je l'ai ressentie
c'est l'intégration parfaite (on peut se "couler") dans la
nature de l'habitat et des hommes. "Des maisons au milieu
des arbres et des gens dans les maisons"...... La remarque
que je me suis faite chez vous ? Celle que je m'étais faite
en Irlande : "Toutes les fenêtres sont des tableaux vivants..........."Muriel
Comment
se refaire un moral en bois brut après la tempête, Michele,
Hauts de Seine, 00/02/2000
Histoire d'envahisseurs (Chant à plusieurs voix)
- D'abord, il y a eu la tempête Elle a ravagé les jardins
et les forêts dans tous les coins du pays ou presque. C'était
décembre 1999. Sur le forum jardinage, grand concert de lamentations.
Nous étions tous tristes à pleurer, hébétés, à partager nos
misères, à nous lamenter ; certains supputaient sur l'utilité
de l'élagage et sur " que faire si jamais ça recommence ?
". On n'était pas loin de se mettre virtuellement des coups
sur le nez ou alors de sombrer dans la dépression.
Pendant ce temps-là à Chabanais on comptait les blessés, les
morts, les condamnés ; et du bout du talon, vite on recalait
les bébés secoués. 83 87 95 et maintenant ! Verrai-je un jour
des arbres d'un peu plus de vingt ans ?
- Ensuite une idée
L'idée est venue de Françoise, renommée Francesca depuis,
en raison de ses origines ritales et de la concurrence d'une
autre Françoise qui s'épanouit dans sa campagne, près de Compiègne.
Avec le recul, je dirais que c'est une vachtement bonne idée
: comme nos petits bras débiles ne pouvaient venir à bout
de tout ce que nous avions à débiter, replanter, redresser,
haubaner, dans nos jardins et autres lieux déboisés, Francesca
a eu l'idée d'envahir un endroit bien déterminé, sur lequel
nous pourrions nous défouler en toute tranquillité, les propriétaires
étant d'un naturel peu agressif malgré les apparences (on
a dit beaucoup trop de mal des ours).
Bien sûr que ça l'avait un p'tit peu dérangé, tout ce remue
méninge, son ourse désabritée, mais y'avait pas d'clôture
ils l'avaient fait exprès.
- "Je souhaite que ta fierté n'en soit pas trop blessée"
- Là je dois reconnaître que t'as mis le paquet !
- Au vrai, ça me plairait bien d'être marraine par chez toi
!
- l'œil en biais s'interroge derrière la porte ouverte, mais
non, il a pas peur le vieil ours écorché, ces Êtres-là sont
vrais, pas venus de si loin piétiner ses plates bandes, ramener
un peu d'ombre au-dessus de l'allée
- Puis des manœuvres lentes mais obstinées
Les manœuvres ont donc commencé doucement : un appel sur le
forum - soft, plein de bonnes intentions, d'attendrissement,
d'arguments imparables. Au fil des jours, une vingtaine d'envahisseurs
potentiels sont arrivés à pas feutrés. Ils ont commencé par
se demander avec quoi marquer leur territoire. Chacun sait
qu'un cow-boy finit toujours par planter des barbelés sur
la prairie. Là, il s'agissait d'arbres : bien pire, ça pousse,
ça prend de l'espace, ça dure au-delà de nous. Bref, l'attaque,
sans merci. Se sont donc précipités sur les catalogues de
pépiniéristes pour choisir quoi planter. Ont même été assez
malins pour obtenir la collaboration de leurs victimes : les
colonisés, préoccupés par d'autres choses à ce moment-là,
je suppose, n'ont pas vu venir le coup. Tout ça a duré presque
deux mois. Les frénétiques découpeurs de catalogues ont même
appris le latin pour mener à bien leur funeste projet.
Le débarquement enfin
Quand les listes ont été bouclées, les découpeurs de catalogues
(qu'on appellera désormais les membres de la secte CCV, suivant
l'appellation en usage), les CCV donc, ont commandé une première
fournée d'arbres chez un pépiniériste près de Guingamp (Côtes
d'Armor), sont allés les chercher un jour de février pour
les déposer chez leurs victimes prévenues par un improbable
autant qu’énigmatique livreur de pizza, avec à la main un
paquet cacheté à la cire qui renfermait d’étranges feuillets
couverts de signes cabalistiques, des runes écrites par un
scribe auvergnat pourtant jamais avare de mots. Il restait
à planter : on n'abandonne pas comme ça de jeunes arbres en
pot qui ne vous ont rien fait. Puis il a fallu les abreuver,
mais, si les petits arbres avaient grand soif, c'était rien
comparé aux membres du CCV. Et ceux-ci ne se contentaient
pas d'eau,
vous pensez bien !
Sont v'nus voir l'ours au fond d'son bois, pas toucher à ses
arbres mêmes ceux qu'étaient cassés, just'amener des tout
neufs pour changer l'goût du miel, y s'ont mêm'pas cherché
à r'car'ler sa piscine, pas versé d'eau d'javel son poil déjà
bien blanc, vérifié que ses griffes toujours bien acérées,
savaient rester masquées devant un étranger
On en est là. Mais le pire reste à venir. Les CCV ont en effet
contacté un de leurs complices les plus redoutables, le célèbre
Maurice Laurent, pépiniériste dans les Côtes du Rhône - hips,
pardon, à la vôtre ! - je veux dire, dans le Rhône. En attendant
la prochaine livraison, la révolte couve au sein du CCV. Certains
entament même une grève pour les 35 heures hebdomadaires de
lecture des messages électroniques. On aurait pu craindre
un instant pour le CCV, mais celui-ci n'allait pas arrêter
comme ça son activité subversive ! Sous la conduite d'un certain
François, ces terribles découpeurs de catalogues (qu'on aurait
pu croire un rien primitifs) vont entrer brutalement dans
le 3ème millénaire (mouvements variés dans la salle, exclamations,
bruits divers " on n’y est pas encore ! ") : ils correspondent
maintenant par le biais d'une liste de diffusion toute belle
et toute neuve, rien qu'à eux : personne n'y échappe, ni les
antiquaires amis de Steve Jobs, ni les masochistes liés à
Bill Gates. Ceux qui croyaient pouvoir quitter la secte en
sont pour leurs frais et les victimes ne sont pas au bout
de leurs peines ! Le CCV repart avec un nouvel élan vers son
but énigmatique...
Les membres du CCV : comme les hirondelles, sur un fil
A ce jour, une vingtaine, reliés par un fil, de tous âges
et de tous horizons, unis par une irrésistible attirance pour
la chlorophylle. Et chacun de mettre au pot selon ses compétences.
Qui de collecter les informations, qui de les coordonner,
qui de les mettre en forme, qui de les diffuser, qui de faire
de l'humour, qui de planter le résultat concret des recherches,
et qui de cumuler. Au final, les CCV s'affranchissent des
frontières délimitées du terrain dont ils disposent qui sont
incompatibles avec leur désir d'enverdir la terre entière
; ils enrichissent leurs pauvres connaissances des variétés
de verts ; apprennent à se connaître, et développent les "
belles rides " *.
Il en est un, dépositaire d'un nombre un peu plus important
d'arbres et d'arbustes peu courants, qui prend désormais la
suite. On compte sur lui pour décrire aux internautes et pour
montrer aux visiteurs les caractéristiques et les nuances
de ces nouvelles étrangetés. C'est un engagement sur du long
terme !
La porte de l’arboretum du Chêne Vert est toujours ouverte,
celle du CCV (la secte) au moins jusqu'à l'automne 2000 :
tous les "petits hommes verts" y sont bienvenus.
* belles rides : j’ai attendu une explication qui n’est pas
venue. Je ne pense pas qu’il s’agisse de ma figure, bien qu’il
y ait, de ce point de vue, de quoi faire; mais ils n’auraient
pas écrit " belles " dans ce cas. Il s’agit sûrement de leur
goût pervers pour les écorces des arbres: plus elles pèlent,
se plissent, s’écaillent, plus ils sont contents.(ndlc)